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Les inventaires

Les inventaires.

Le 1er Mars, l’Abbé Brébion lit sa protestation à la porte de l’église.

 Cette opération est consécutive à la loi de 1905 qui consistait en l’inventaire des objets du culte et du mobilier des églises, avant de les remettre à des associations cultuelles. D’où la résistance du clergé et des fidèles.

Les Inventaires débutés le 20 janvier 1906 sont souvent accompagnés de heurts : Treize-Vents, La Verrie, Saint Malo,… C’est l’article 3 qui provoque cette résistance : article qui demande les inventaires des biens qui seraient ensuite confiés à des associations culturelles. Souvent le commissaire doit intervenir avec la troupe et la gendarmerie.

Le conseil de fabrique, qui s’est réuni extraordinairement en vertu d’une autorisation de Mgr L’Evêque a décidé que 3 hommes assisteraient aux inventaires. Ils ne signeront rien, ne prendront aucun engagement. le drapeau noir est hissé sur le clocher, en signe de deuil et de protestation.

 

Inventaire du 21 novembre 1906.

Femmes chantant sur le parvis de l'église après la lecture d'une protestation par l'Abbé Brebion, le 1er mars 1906.

 

 

 

 

 

 

En 1906 :          Les inventaires sont suspendus,
                           Les associations culturelles ne sont plus obligatoires.
                           Les églises et les biens sont mis à la disposition des prêtres et des fidèles pour la célébration du culte.

                           Le clergé devient indépendant du pouvoir.

 

Le curé Brébion se plaint continuellement du prix des chaises, sujet qui revient continuellement à l’ordre du jour : 1 prix pour la grande allée de la nef, 1 prix pour le côté de l’épître et un prix pour le côté de l’évangile.

Protestation de Jules Brébion au procureur :

                « Monsieur, je n’hésite pas à me présenter au seuil de cette église dont j’ai la garde pour remplir mon devoir de curé qui est de vous faire entendre une protestation.

Je vous l’adresse au nom du clergé de Chambretaud, au nom du conseil de fabrique, au nom de mes chers paroissiens. Elle ne vise point votre personne dont l’honorabilité est hors de cause. Elle s’applique au mandat que vous avez à remplir, mandat qui nous blesse considérablement dans notre dignité d’homme, de chrétien et de prêtre. Qu’est ce qui peut en effet la motiver ?

Les pasteurs et leurs conseils qui se sont succédés dans cette paroisse n’ont-ils pas géré les biens confiés à leurs soins ? Alors, le contrôle que vous avez, par ordre, à exercer, est un acte odieux.
Cette église achevée hier, pour la construction de laquelle l’Etat et la commune n’ont pas versé un centime, à qui appartient-elle ? Elle est le produit de la générosité de tous les pieux chrétiens de cette paroisse, elle est donc leur bien, leur propriété.

Les objets qui l’ornent et la meublent, à qui sont-ils ?

Veuillez jeter les yeux sur cette assistance. Vous y verrez les bienfaiteurs, les bienfaitrices, prêts à s’avancer pour vous dire, avec pièces justificatives en main. Ces objets, nous les avons donnés à Dieu, à Dieu seul.

Le presbytère, bâti il y a moins de trente ans, a été payé avec les ressources de la fabrique, sans qu’aucune somme ne soit venue du dehors.

En conséquence, nous déclarons que nous nous opposons formellement, dans la mesure de nos forces, à l’inventaire que vous avez mission d’accomplir, parce que nous le regardons comme un acte contraire à la justice, hostile à la religion, odieux et vexatoire pour nous, comme le prélude de la mainmise du gouvernement sur nos biens qui ne lui appartiennent pas et d’une spoliation sacrilège plus ou moins prochaine.

Si vous passez outre, alors nous revendiquerons nos droits incontestables par toutes les voies, par tous les moyens, qui maintenant ou plus tard nous offriront la justice et des temps meilleurs.

                                                               Chambretaud le 1er mars 1906.

signés :Brébion, De Suyrot, Manceau, Gaborit, Merlet, Boudaud, Jeanneau.