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La construction de l’église

La construction de l’église.

L’ancienne église date du 15ème ou du 16ème siècle. Elle a été en partie reconstruite et doublée entre 1834 et 1840. Déjà, elle avait été reconstruite en 1786, 3 ans avant la Révolution.

Entre 1834 et 1840, c’est le grand père de Mgr Cousin qui est chargé de la rénovation : Mr Cousin, maître maçon :

  • La charpente est remplacée par une neuve,
  • La largeur de l’église est doublée : 3 nefs de quatre travées,
  • Berceaux lambrissés en plein-cintre portés par des colonnes monocylindriques,
  • Un chœur à chevet plat,
  • La plupart des murs sont refaits.
  • Un clocher carré coiffé d’une fine flèche surmontant un dôme.
  • Le modèle, l’église Saint Louis de la Roche.

La démarche de Chambretaud qui ne s’entoure pas d’un architecte, mais qui demande à son maçon d’aller copier les plans est assez originale. Capacité : 896 places. Près de 900 places, pour une population de 1125 habitants en 1894. Style néo classique.

 

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Ce qu’il y a de remarquable, on peut dire que c’est l’aspect de la façade principale. Majestueusement posée sur le sol, elle s’élève le plus harmonieusement du monde, depuis son porche très ample et ses galeries superposées, d’où l’on a, pour le dire en passant, les vues les plus ravissantes sur les sites variés et grandioses qui environnent Chambretaud, jusqu’à son gracieux campanile octogonal. C’est vraiment beau, et il est peu d’églises en Vendée ornée d’une façade moderne qui puisse supporter la comparaison ».

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Le clocher domine le bourg et la campagne environnante.

 

Ce travail est commandé par le curé de l’époque : le curé Moreau, prêtre de Chambretaud de 1812 à 1864. Il a même reçu du Vicaire Général cette remontrance : « Il est bien entendu, Monsieur le Curé, que vous ne ferez pas recourir à une imposition extraordinaire pour payer la construction de votre église, comme vous avez tout fait sans consulter autre chose que votre zèle et celui de vos paroissiens »

Mais à la fin de ce XIXème siècle, l’église est menacée de ruines.

Entre 1850 et 1925, on a construit 140 églises en Vendée. L’architecte : Victor Clair en a dessiné à lui seul 50, dont Treize-Vents, St Malo, Beaurepaire…

Contexte de construction favorable en cette fin de siècle :

  • La tourmente révolutionnaire a dégradé de nombreuses églises, même si Chambretaud a été relativement épargnée,
  • Agriculture prospère : les campagnes s’enrichissent,
  • Les nobles plus fortunés et la bourgeoisie s’enrichit,
  • Générosité des fidèles,
  • La menace de l’état républicain et laïc : il faut ancrer le catholicisme,
  • Augmentation de la population, d’où des églises trop petites,
  • Des églises vétustes.

En 1892, le curé de l’époque charge l’architecte : Mr Fraboulet, architecte à Nantes de prévoir les plans d’une nouvelle église. Celui-ci est à l’origine des églises de St Laurent, de St Michel Mt Mercure, toutes les deux de style romano-byzantin.
Celle de Saint Michel est réalisée de 1877 à 1897 : dure 20 ans car problèmes de financement. Celle de St Laurent débute en 1889, mais n’est terminée qu’en 1940 pour là aussi des raisons financières.
Fin 1892, Fraboulet propose ses premiers plans :

  • Un édifice de 1568 places assises, de 3 nefs de 4 travées,
  • Un puissant clocher porche qui culmine à 50 m., et que coiffe un dôme polygonal,
  • Au-delà d’un transept largement débordant, un profond chœur semi-circulaire flanqué de deux chapelles absidiales.

L’ampleur du projet entraîne que l’on change l’orientation de l’édifice.
La construction se fera en deux phases :      1ère partie,
2ème partie : la dernière travée et le clocher.
Cette deuxième partie sera rapide, « vu la générosité et la fortune de quelques familles.

 

P1020604Vue de la nef et du choeur à partirde la tribune de l’Eglise.

Le 3 mai 1893, la commission des bâtiments civils donne son avis : « Il est difficile, pour ne pas dire impossible de mener à bien, avec une somme de 155 000 F, un projet de cette importance » Donc, le projet est renvoyé à Fraboulet chargé de prévoir un devis et des plans cotés.

Le conseil de fabrique répond qu’il possède déjà 101 000 F, dont les deux tiers sont donnés par les familles De la Borde et De Suyrot. « Il est impossible de rappeler ici tous les actes de générosité et de dévouement que supposent l’obole du pauvre et la large offrande du riche » Cette somme correspond au devis de la première tranche. Le conseil supplie « de prendre en considération le vœu de toute la population de Chambretaud pour la reconstruction de l’église ».

Malgré cela, les autorités demandent de modifier profondément le projet en réduisant les dimensions et la surface, en supprimant le transept, en baissant le clocher, en rendant l’abside carrée, en restreignant dans les limites de 103 000 F pour couvrir la totalité de l’édifice, clocher inclus.

Le 6 juin 95, un nouveau plan qui tient un peu compte des remarques des autorités. L’église est plus réduite, mais le transept, amputé, est toujours là et le conseil de fabrique joint une longue délibération afin d’emporter une décision enfin favorable. C’est le cœur qui parle : « On nous a dit, que l’église était trop spacieuse pour une population de 1 125 habitants, c’est vrai, mais nous avons l’honneur de faire remarquer que la population de Chambretaud tend toujours à augmenter et que notre bourg est serré de près par plusieurs communes. Un bon nombre d’habitants de ces communes, très éloignés de leur chef-lieu, viennent chez nous accomplir leur devoir religieux. C’est un devoir d’humanité de recevoir des femmes, des vieillards, des enfants qui ne pourraient sans détriment pour leur santé se rendre à l’église de leur paroisse. Du reste, il serait impossible de leur refuser l’entrée de l’église sans la faire garder. Aussi, nous sollicitons de Monsieur le directeur général des cultes de nous accorder un transept à notre église. Il est nécessaire pour obtenir les places voulues. Nous vous faisons cette délibération pressante vu la nécessité absolue d’une nouvelle église. Nous étouffons dans celle-ci. De grâce, permettez-nous de bâtir notre église tant désirée. Voilà plusieurs années que nous sommes en instance, pourrez-vous nous la refuser encore ? »

Réponse des autorités négative, et sévère, reprochant de ne pas suivre point par point les demandes faites.

Le 29 septembre 1895, le conseil se plie aux exigences, mais se plaint qu’on leur impose une construction « impersonnelle, de plan rectangulaire, et au chevet plat, précédée d’un clocher porche à flèche pyramidale, sans aucune originalité »

Le 6 août 96, les travaux sont confiés à Charles Clément de St Michel Mont Mercure, qui a consenti un rabais de 30% sur le montant des devis : montant total pour l’ensemble rectifié : 130 000 F au lieu des 171 000 F pour le projet initial.

Les travaux commencent le 15 10 1896 par le chœur, « par suite des formalités à remplir et de la désespérante lenteur de la bureaucratie civile ».

Le 3 février 1897, le conseil décide que l’église serait orientée du nord au sud, et le 20 avril 1897, Mr Fraboulet ; pour un problème d’alignement, doit démonter une partie de la façade donnant sur la rue.

1898 : Mgr Catteau vient à Chambretaud poser la première pierre. Les assises du chœur se dressent sur près de 4 m et les fenêtres de l’absidiole sont déjà amorcées.

 

P1020638Les emprunts au style médiéval sont nombreux : les créneaux à l’extérieur qui couronnent les contreforts latéraux, les tours d’escaliers à meurtrières.
P1020630Une particularité à noter, c’est l’alternance symétrique, dans la plupart des parties saillantes des voûtes, de pierres de deux catégories : granit gris du pays et pierre blanche de Saint Savinien. « Il en sera peut-être pour faire une légère critique de ce mélange de couleurs, mais elles sont si bien agencées, contrairement à ce qu’on a pu voir dans certaines églises, si cette disposition tire un peu l’œil, elle le satisfait plutôt agréablement ».

 

De mai 99 à mai 1900, arrêt des travaux car les prix dépassent les devis, et le clocher ne fait pas l’unanimité. Mr Clément écrit à Mr De Suyrot, président du Conseil de Fabrique : « Je vois que Mr Fraboulet cherche des ennuis, ce qui n’est pas agréable pour la fabrique car depuis le temps qu’elle réclame son décompte, je voudrais savoir si je continue ou non ».

1900 : l’ancienne église de Pierre Moreau est détruite, pour construire les dernières travées de la nef, la construction de la nef et le clocher.

16 septembre 1902 : consécration de la nouvelle église. Tous les éléments à l’origine de litiges successifs ont finalement été réalisés, et l’église actuelle est donc quasiment celle proposée par le projet initial. Enfin presque, puisque la nef est désormais longue de six travées…alors que le projet initial n’en prévoyait que 5. Si donc Chambretaud a semblé céder tout au long de ces années, c’était pour réaliser son propre projet.

Coût total : 202 585 F. En 1900, un manœuvre gagnait 3 F par jour.

Chambretaud reste un des plus beaux exemples de l’opiniâtreté de ces petites communautés paroissiales vendéennes, bien décidées à voir, coûte que coûte, aboutir leurs grandioses projets à la gloire de Dieu.

 

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Les trois projets successifs :

1er projet : 1892 : 3 nefs de 4 travées, clocher qui culmine à 50m, transept largement débordant, chœur profond et semi circulaire, chapelles absidiales. Travaux en deux phases. Devis de 171 000 f.

2ème projet : juin 1895 : un chevet plat, suppressions des chapelles latérales, transept amputé, allure du clocher simplifiée. Devis de 130 000 f.

3ème projet : septembre 1895 : transept disparu, sacristie réduite, clocher de nouveau simplifié. Projet accepté, mais construction impersonnelle.

Les dettes de la construction sont presqu’éteintes en 1931. D’où, il faut maintenant penser aux meubles (déc. 1931). Les stalles sont installées en 1932.

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P1020627        1932 / 1934 : Elévation des stalles et de l’orgue, payées par Mme De la Borde.

 

 

1929 : Le projet des vitraux est lancé: “pour achever et embellir notre église, pour empêcher le soleil de taper fort sur les fronts dénudés, et, pour remplacer les affreux verres blancs trouésde toutes parts”.

Ceci pour les douze verrières dans les nefs latérales : un projet, mais où trouver 36 000 F dans une « bourse plate » ?

 

P1020632L’Eglise de Chambretaud est vouée à Notre Dame de la Nativité.

Ce vitrail, situé à droite en rentrant dans l’Eglise, représente le martyr de l’Abbé François Nicolas.

Dénoncé par un traître pendant la Révolution française, il est emmené à Mortagne sur sèvre. Là, il est enseveli vivant par les bleus. Seule la tête dépasse. Après l’avoir exécuté deplusieurs balles, les soldats révolutionnaires décapitent l’abbé Nicolas et, font rouler sa tête dans les différentes rues de la ville.

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La chaire est offerte par Mme De la Borde qui demande qu’elle soit en marbre. Elle a déjà offert le Maître-autel et la Sainte Table en marbre.

Architecte : Mr Liberge de Nantes,

Sculpteur ; Mr Rivière.

Inaugurée le 1er mars 1927 par Mgr Mercier, vicaire général du Diocèse de Luçon, qui aurait préféré du bois, mais qui s’incline devant le désir de la bienfaitrice.

« Une insigne bienfaitrice de Chambretaud, qui après avoir doté l’église d’un maître autel et d’une sainte table en marbre pour la distribution du pain eucharistique, a voulu y ajouter pour la distribution de la parole de Dieu, un joyau également riche : une chaire en marbre de Carare . Bienfaitrice qui veut rester ignorée, mais dont le nom est sur toutes les lèvres ».
Et de conclure sur la chorale : « L’éloge de la chorale de Chambretaud, sous la direction de Mr L’abbé Huvelin, n’est plus à faire. Mais dans la circonstance, il est vrai de dire qu’il n’y eut qu’une seule voix à la fin de la cérémonie : chanteurs et chanteuses ont atteint un fini d’exécution rare, même dans les meilleures maîtrises ».

Dans un contexte anti-clérical et anti-papal, le clocher est souvent un compromis entre la coupole de Rome et la tiare pontificale (coiffure papale à trois couronnes).

Il en est ainsi pour la partie supérieure du maître-autel. C’est là une allusion au catholicisme pontifical et au dogme de l’infaillibilité prononcé en 1870.

 
 

De septembre 1978 à janvier 1980, ont lieu de nombreuses discussions autour de l’autel :

Utiliser le motif de la Cène pour décorer un autel secondaire faisant face au peuple… Mais c’est mutiler le maître autel
Laisser l’autel intact, mais utiliser la décoration de la chaire pour orner le nouvel autel… Cela permettrait aussi de mieux voir, car la chaire gêne. Inconcevable…..
« Le nouvel autel ne sera pas installé dans le transept car nécessité de 4 marches, d’un podium, et il consommerait trop de place. Or, l’assistance est encore nombreuse aux fêtes et à certaines sépultures. Et les esprits ne sont pas préparés. Et puis, que fait-on de la Sainte table qui deviendrait gênante entre les deux autels ?
Finalement, l’autel prendra place dans le sanctuaire, à condition qu’il ne soit pas fixé définitivement. Pas de semelle de ciment qui pourrait détériorer le carrelage. Seulement un podium en bois avec une marche. Tapis ou moquette : à voir ? »