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« Même dans la pauvreté et la misère, ils gardent un sens remarquable de l’accueil »

C’est certainement ce qui a marqué Marie-Thérèse et Jean-Michel MURZEAU suite à leur séjour au Burkina-Faso.

Quelle aventure !

Mathé : C’est le pur hasard. Je prenais contact avec Joseph ROUSSEAU de TREIZE-VENTS qui fait partie de la chorale de cette commune pour lui demander d’intervenir aux Arts Sacrés qu’organisait Coeur de Diamants à CHAMBRETAUD. C’est alors qu’il m’a proposé d’accueillir un burkinabé pendant trois semaines, m’expliquant qu’il était Président de l’A.F.D.I. (Agriculture Française et Développement International) au niveau de la Vendée. Nous avons aussitôt décidé de nous lancer dans l’aventure.

Qu’est-ce que l’AFDI ?

Créée par les principales organisations agricoles françaises, AFDI est une association de solidarité internationale présente sur la majeure partie du territoire français depuis plus de 30 ans. Plus de 6000 militants sont en effet engagés dans les AFDI régionales et départementales. Ils sont issus du monde agricole, en tant qu’agriculteurs ou techniciens agricole, et s’investissent dans des projets de développement en se basant sur une logique commune : permettre aux paysans de pays du Sud de prendre leur développement en main en s’appuyant sur la solidarité locale. 

Si vous souhaitez en savoir plus, rendez-vous sur le site :

http://www.afdi-opa.org/fr/prA_sentation,23,2.html

L’A.F.D.I. accueille ainsi chaque année 10 burkinabés (5 hommes et 5 femmes, parité oblige aussi au Burkina) répartis dans chacun des 5 départements de la Région des pays de la Loire (un homme et une femme par département) pendant 2 mois, chacun dans trois familles différentes, dans les deux secteurs économiques suivants : le maraîchage et l’agriculture. Son rôle est de promouvoir des échanges paysans reposant sur un principe simple : c’est par la confrontation des expériences, individuelles et collectives, vécues par les agriculteurs dans la pratique de leur métier que de nouvelles initiatives sont prises pour améliorer leurs conditions de vie et de travail.

Le groupe qui est venu en France  ne se connaissait pas : les burkinabés n’ont pas de moyen de locomotion sauf le car
(mais ça coûte et ils n’en ont pas les moyens) ; ils ne se déplacent qu’à pied ou en vélo, quelques-uns ont des motos.
D’ailleurs on ne fait pas de tour à rien !!!  les camions de marchandises servent aussi à emmener les personnes.
Même pas peur des contraventions, d’ailleurs ils ne les paient pas, n’en ont pas les moyens.  
Par contre, quelle courtoisie au volant !

 

 

 

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DSC04867DSC04870On a donc accueilli Hamadou du 20 avril au 10 mai 2014 au sein de notre famille pour lui faire découvrir la Vendée, tout particulièrement notre agriculture. Il a beaucoup apprécié notre journée à PARIS et surtout la Tour Eiffel. Quand il est arrivé à PARIS, il y avait de la neige… Pas habitué à des températures aussi basses. D’ailleurs, quand nous sommes allés au Burkina (du 17 au 31 janvier 2014), c’était l’hiver chez eux (il faisait 35°) et les enfants en bas âge portaient un bonnet parce que justement c’était l’hiver !

Jean-Michel : Quand Ahmadou a touché le sol français, il a été frappé par l’hyperactivité des Français. C’est vrai qu’au Burkina, les femmes  travaillent beaucoup plus que les hommes : chercher le bois, vendre au marché, s’occuper des enfants, aller aux champs s’il reste un peu de temps. Les hommes, pendant ce temps, palabrent à l’ombre. on n’a vu que quelques hommes travailler tout le temps de notre séjour. On nous a indiqué que pendant la saison des pluies, les hommes étaient à semer ; c’est à priori le seul travail qu’ils font.

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Préparation du tô

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Femmes qui vendent au marché

 Et votre séjour au Burkina ? surtout marqué par les sujets relatifs au développement économique centré sur l’agriculture ?

Jean-Michel : Le niveau de développement entre nos 2 pays est énorme. En conséquence, la formation doit s’adapter. Celle-ci doit consister à revoir les bases mêmes de la production agricole. 

Ils arrosent en plein midi (alors qu’il faudrait arroser le matin de bonne heure ou le soir à la fraicheur). Ce sont d’ailleurs les enfants qui arrosent les cultures.

Il est à craindre également pour la fertilité des sols. Il n’y a pas d’apport de fumier, de compostage ; ils ne savent pas apporter de la matière organique dans le sol. On a vu dans un village qu’il récupérait l’urine dans des bidons  fermés, la laissait fermenter t 4 à 5 mois pour utiliser ensuite la matière comme engrais. C’est un début…

Nous avons traversé un village où une pompe à eau avait été donnée par les ONG  mais elle n’était pas installée ; dans un autre une tarière toute neuve de marque Rabaud mais il n’y avait pas de tracteur pour l’atteler… une pompe de Chine en panne, mais pas de mécanicien pour la réparer. Or, il a fallu emprunter pour acquérir ces matériels, et, vendre les produits du grenier pour rembourser les emprunts. 

Le sud du pays est plus riche que le nord (touche le mali donc une région plus désertique). Il pleut environ 5 à 6 mois dans le sud. Ceux qui ont bénéficié d’un barrage d’eau s’en sortent mieux : en hiver ils font du maraîchage (salades, poireaux, oignonx, choux…) qu’ils vont vendre au marché et l’été (saison des pluies), ils font des cultures (maïs, millet, sorgo)  pour leur consommation). Quelques  boeufs également.  Il n’y a pas d’abattoir au Burkina, les animaux sont conduits en Côte d’ivoire pour être abattus.

Ils stockent l’herbe en foin en hauteur pour empêcher les animaux qui sont en liberté de le manger et de pouvoir nourrir les bovins en saison sèche.

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Stock fourrage

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Charrette de bois

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Zone de maraîchage

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Un balai

La formation sur place doit se concentrer aussi sur des productions et des méthodes facilement transférables de notre pays vers le Burkina. Citons, par exemple : le maraichage et la production de volailles. Cette dernière production est encouragée, afin d’enrichir une alimentation constituée essentiellement de féculents. Aujourd’hui, la viande est souvent réservée aux visiteurs.

Mais ce n’est pas simple. Ils n’ont pas d’argent. Ils n’empruntent pas ou sur des durées très courtes. Et si la récolte n’a pas été bonne, ils se ruinent pour rembourser.

Dans les champs de cannes à sucre, les employés sont payés 30 centimes d’euros pour 9 heures de travail…

C’est un pays très sale. Les égouts vont dans la rivière et ils pompent l’eau de cette rivière pour l’arrosage, pour laver le linge…

Sans parler du commerce d’enfants à la frontière commune avec la côte d’Ivoire, on a vu des rabatteurs proposer à des enfants de les suivre…

Un peu comme chez nous : les hommes d’un côté, les femmes de l’autre. Ils ne sont pas ensemble dans les soirées dansantes ou bien lors des repas. Chacun couche sur des paillasses. La femme dort souvent avec les enfants.

Et côté nourriture ?

Beaucoup de féculents (riz, millet…) et du tô (farine de maïs avec de l’eau). Nous avons également bu du dollo (millet fermenté) ;  ce n’est pas très bon.

Quelques visites quand même pendant notre séjour : une savonnerie, un séchoir à fruits, une entreprise de tissage, une autre de tressage de grillage à la main, …

 

Une visite plus touristique : les chutes de Banfora.

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Les chutes de Banfora

 

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Une concession

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Intérieur d’une concession

 

Dans les villages, les cases (maisons) sont faites principalement en terre séchée, les toits en paille. Ils font ce qu’ils appellent des concessions : un regroupement de plusieurs cases et de leurs greniers ayant tous en commun un lien de famille

Prêts à y retourner ?

Oui mais pour les aider à travailler. 

Un petit mot pour conclure ?

Jean-Michel : On a été accueillis dans les villages comme des rois alors qu’ils ne possèdent rien. On était également très regardés : Oh un blanc ! Et sans arrêt accostés.

 Mathé : Il y a trop de misère. On savait à quoi s’attendre mais on ne s’imaginait pas que ça pouvait exister à ce point.

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Classe de 6ème

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Repas du midi

  
  
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Une route

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Avec un groupe d’enfants