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Une chambretaudaise partie ailleurs…

 

 

J’ai pris un aller simple à la Réunion le 3 octobre 2007, avec une amie, et 10 000 € euros en banque avec la détermination suivante : trouver un boulot avant d’atteindre la moitié de mes économies, auquel cas je mettais engagée à prendre un billet retour. Donc ça fait 7 ans que je vis à la Réunion.

Après avoir obtenu mon diplôme à l’issue de trois années d’études, j’ai eu un premier poste dans l’Yonne avec l’opportunité d’être fonctionnaire très rapidement.

Seulement, ce fonctionnement, l’état d’esprit ne me convenait pas. J’avais besoin d’exercer dans un milieu associatif, envie de me battre pour des causes, des personnes, envie d’améliorer les choses, j’avais de l’énergie à revendre et je ne pouvais l’exploiter à sa juste valeur dans l’établissement où j’exerçais. J’ai alors sympathisé avec l’ensemble des jeunes diplômés arrivés quasiment en même temps que moi et avec qui on partageait beaucoup de valeurs et aussi l’esprit de fête.

C’est ainsi que j’ai rencontré Laure l’amie avec qui nous avons franchi le pas : prendre un billet d’avion.

Ayant effectué mon stage professionnel de troisième année auprès de demandeurs d’asile, j’avais adoré l’échange avec les personnes de cultures différentes. Découvrir d’autres fonctionnements, la géopolitique de leur pays, d’autres histoires de vie…

Les Dom étaient l’occasion de voyager, de découvrir, sans barrière de langue et avec la reconnaissance de mon diplôme.  Après avoir regardé les postes disponibles sur les sites de recrutements, nous avons opté pour la Réunion. J’ai essayé de candidater sur deux postes à distance et avait été reçue pour un entretien que je ne

pouvais honorer à distance.

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La Réunion porte bien son nom car à cause d’une période d’esclavagisme et grâce à la période de l’Engagisme, on vit sur cette île en côtoyant des “kafres” (Personnes d’origines d’Afrique noir ou de mada) des “mal’bar” (personnes indiennes de religion tamoul), des “zarabs” (personnes d’origine indienne de religion musulmane), des chinois, des métropolitains “métro”, puis tous ceux qui sont issus des mélanges “afroquinoise”" kafmalbar”, etc.

J’ai donc exercé en tant que CESF (Conseillère en Économie Sociale et Familiale) 3 semaines après mon arrivée et pendant plus de trois ans à fond, essentiellement auprès de SDF avec des problématiques telles que l’alcoolisme et la dépendance aux drogues et des femmes victimes de violences conjugales, au sein d’une association qui intervenait après l’hébergement d’urgence comme hébergement de transition avant une insertion sociale globale qui passait aussi et surtout par un accès au logement individuel.

Puis après avoir participé à la remise sur les rails de cette association, sans prendre quasiment aucun congé, j’ai eu besoin de prendre du recul et de voir ce que je voulais moi à titre personnel. J’ai donc arrêté.

J’ai eu l’opportunité de proposer ma candidature au sein d’une agence immobilière en tant qu’agent indépendant. Je suis actuellement en train de clôturer ma 4ème année d’exercice au sein d’une agence immobilière.

 

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Mon envie de découverte des autres peuples, je la fais lors de mes voyages.

Je travaille beaucoup chaque semaine mais je pars au moins deux fois par an de l’île.

Les avantages ici c’est que vous avez un ciel lumineux quasiment tous les matins. Dans l’ouest, en journée vous n’avez jamais en dessous de 20°. Ma plus grosse veste correspond à celle que vous sortez l’été. Les gens sont plutôt sympas. Vous avez la mer et la montagne à portée de main. Vous avez besoin de faire une coupure avec votre train-train : un week-end à Mafate, une sortie baleine, vous plongez ou même en PMT…

Les inconvénients : l’île est un petit caillou, il est important d’en sortir pour voir autre chose. C’est petit, tout le monde ne se connaît pas mais ça peut aller très vite, on croise souvent les mêmes têtes. Je pense que l’on doit faire l’effort d’accéder à l’information, à la culture et autres car tout ne vient pas à nous facilement. Nous n’avons pas la 4G, au ciné nous avons quelques avant-premières mais la programmation privilégie les films de combats, de bagnoles, etc… pas forcément ceux que j’apprécie.

Le prix des choses. Tout le monde ne bénéficie pas d’une majoration à la vie chère sur son salaire et pourtant les logements, la nourriture, les voitures tout est 30 % plus cher. L’importation a le dos large. Il existe surtout de grandes familles qui ont le monopole. La lenteur des administrations publiques… le “ti-lemp ti-lemp” local (doucement, doucement).

Moi j’aime beaucoup cette île, j’ai du mal à envisager un retour en France métropolitaine, mon conjoint ne partage pas cet avis. Nous avons trouvé un compromis, dans 3 ans nous partirons à la découverte d’un autre pays.

Je ne peux pas parler de mal du pays. Le manque de la famille des proches, nous faisons en sorte de nous voir au minimum une fois par an. Cette année j’ai pu passer à 4 reprises.

Pour les mets de qualité : foie gras, saucissons, mogettes, cerises, tomates, pommes de terre nouvelles, le vin, le fromage, on se fait plaisir lorsque l’on rentre. Ici, à la Réunion, on sait tous qu’un passage en métropole c’est 3 kg assurés !

 

Nathalie Bordelais.